More random Moiré

Cette création est particulière, elle s’inscrit dans un temps particulier, #genuary. Il s’agit d’un mois ou les codeurs créatifs (qui veulent y participer) doivent chaque jour créer un programme en fonction d’une thématique, un prompt. Chaque jour, plusieurs centaines de personnes montrent leurs travaux sur les réseaux sociaux, cherchant à apprendre de nouvelles techniques ou en utilisant celles déjà acquises, convoquant leurs créativités, pour donner une réponse singulière au thème avec leurs sensibilités et leurs cultures.

More Random Moiré a été créée dans ce cadre là, elle correspond au 23 janvier et au thème « More Moiré », mais elle est le fruit d’un travail un peu plus long puisqu’il s’agit d’une création que j’ai remixé/réadapté plusieurs fois pendant le code challenge.

11 Janvier / Suprematism

Étant un grand admirateur du travail de Kasimir Malevitch, j’ai décidé de recréer ses compositions avec un programme JavaScript. Ce qui frappe dans ses compositions, c’est l’impression de mouvement, pourtant il s’agit juste de formes géométriques simples appuyées les unes sur les autres. Pour que les formes semblent être empilées, le programme les place aléatoirement en restreignant leurs rotations (en y ajoutant une rotation globale à la composition).

22 Janvier / Shadows

La notion d’ombre induit pour moi le concept de volume, l’idée de mettre en volume, les compositions suprématistes me paraissait intéressante, pour être précis c’est l’idée de représenter le volume qui m’intéressait, pas forcément celle de les mettre en volume.

Il s’agit donc de simuler un volume, le but étant plus simple à atteindre sans point de fuite, la perspective cavalière ou grille isométrique permettait de pouvoir reporter des distances, extruder sans avoir affaire à des formules complexes. Dans ce programme, tout est calculé en deux dimensions, il suffit d’identifier parmi les six faces de ces pavés, les trois qui seront visibles et qui seront donc tracées.

23 Janvier / More moiré

L’idée d’utiliser le Moiré sur ces plans m’est venu assez vite, sans doute l’impression qu’il fallait corriger quelque chose, que cet aspect lisse n’offrait que peu d’intérêt car il n’y avait pas de textures pour attirer l’œil, pas de gestuelles ou de mouvement pour qu’il puisse cheminer de part et d’autre de la composition.


Le Moiré est venu donc donner du corps à ces formes planes, mettant quelque part en péril l’impression de volume. D’ordinaire le Moiré est créé au moyen de lignes parallèles, ici une faible dose d’aléatoire les fait se rencontrer. Ce chevauchement crée une texture qui procure à ses faces un rythme, un aspect crayonné qui m’a tout de suite séduit.

Le titre ici vient comme un slogan « un Moiré plus aléatoire », « Pour un autre Moiré ». L’idée d’utiliser des lignes non parallèles et ainsi casser la règle principale de ce motif me paraissait également très artistique conceptuellement, qui de mieux que l’Art peut s’affranchir des règles.

Perdu dans l’attraction / l’abstraction

En physique, le chaos n’est pas synonyme du désordre . Il s’agit ici du chaos déterministe qui traduit l’existence dans la nature d’un groupe de phénomènes physiques non linéaire, sensibles aux conditions initiales et dont les supports géométriques sont les fractales. Dans un chaos déterministe il existe un certain ordre dans un désordre apparent.

Lost in attraction / abstraction (single edition on frame)Ce projet utilise l’attracteur de Clifford pour déplacer des points, il s’agit d’une formule mathématique qui va permettre de déplacer un point à partir de sa position actuelle et de quatre constante (quatre nombres qui ne changent jamais). Vous pouvez voir une application possible de cette attracteur sur le site de Paul Bourke.

 

La plupart des visuels qui sont générés avec des attracteurs fonctionne un point placé au centre de l’espace qui va être déplacé X fois, des milliers, des millions parfois des milliards de fois, en changeant sa couleur. À chaque déplacement le point étire la ligne, créant des courbes, des circonvolutions. Tout est déterminé par les quatre constantes, celle-ci se situent entre -2 et +2, parfois ils arrivent qu’avec certaines valeurs le point ne se déplace jamais.

 

Lost in attraction / abstraction (single edition on frame)L’idée du programme de Lost in the attraction / abstraction est d’utiliser des constantes aléatoires, le problème est que dans certains cas comme décrit ci-dessus il ne se passent rien. Comment faire ? Faire une liste de constante possibles et en choisir aléatoirement, cette idée est déjà à l’œuvre dans la Série des Attracteurs et je voulais utiliser quelque chose de plus expérimental, faire évoluer ces constantes, donner plus désordre à cet attracteur en ajoutant à chaque déplacement une valeur infime aux quatre constantes. Ainsi, le sketch ne dessine plus un attracteur mais un interpolation entre plusieurs (beaucoup) d’attracteur, on perçoit dans les déplacements de chaque points des à coups, des changements brutaux et des temps de pause.

 

 

Formes intriquées

Cette œuvre générative composée de carrés et de cercles est un projet qui explore les intersections entre les formes. En utilisant une approche aléatoire pour disposer les formes, l’artiste a créé une intrigue visuelle qui invite le spectateur à se perdre dans les détails et à découvrir de nouvelles compositions à chaque regard.

Le protocole pour obtenir le tracé de chaque forme est relativement simple. Les formes sont réduites et à chaque redimensionnement, on observe si tout ou une partie de la forme est inscrite dans un autre polygone. La méthode employée ici, la “force brute” consiste à envisager et tester toutes les combinaisons possibles. Principalement utilisé pour trouver/cracker des mots de passe, ici elle est employée à un autre dessein.

Cette démarche est avant tout exploratoire, à travers l’aléatoire et les variations qu’offre la série, l’artiste devient lui-même spectateur de sa propre pratique puisqu’à chaque exécution du programme il obtient un résultat différent. Cela donne à l’ensemble une qualité presque vivante. La réduction progressive des côtés des formes ajoute également une dimension de mouvement et de dynamisme à l’œuvre.

À travers ce langage minimaliste, fait de formes géométriques simples, l’artiste déploie une organisation spatiale. Dans ces compositions, les formes sont dessinées les unes par rapports aux autres. Ce système peut être perçu comme une métaphore où chaque forme, chaque individu se définit ou est décrit en fonction de ses semblables, ainsi, on peut voir dans chacune de ses formes intriquées une relation avec notre propre existence d’être humain.

Formes intriquées / Entangled shapes (43-52.)

Générateur hors chaîne

Tes désirs sont désordre

Ce programme se déroule en deux temps.

Des lignes de couleurs différentes sont tracées en reliant les cellules d’une grille, chaque ligne est créée en avançant d’une case à l’autre sans jamais croiser d’autres lignes (huit directions possibles à chaque déplacement).

A partir de ces premiers tracés, des particules de la même couleur sont émises des chemins initiaux. Celles-ci décrivent des trajectoires plus courbes, organiques (bruit de Perlin/flow field) que le tracé initial.

On a donc deux gestes qui par les trajectoires qu’ils empruntent sont très différents, le premier organise la composition en fonction d’une grille, alors que le deuxième projette ou diffuse la construction initiale. Bien que ces deux gestes se contredisent il permettent de créer une composition cohérente.

Les couleurs de ce projets ne sont pas connues à l’avance, elles sont générées en plaçant un premier point aléatoirement dans une roue chromatique et en plaçant un ou deux autres points à équidistance pour obtenir des couleurs complémentaires.

Pendant la deuxième phase du programme (animation) les couleurs se fusionnent, se mixent comme de la peinture acrylique, créant ainsi de nouvelles teintes intermédiaires et parfois des ombres.

L’équilibre du triangle

Ce travail est une tentative de créer des couleurs et des formes arbitraires à partir de trois triangles qui émettent des particules (de couleurs cyan, magenta et jaune). Au cours de leur courte vie, ces particules seront poussées sur les côtés des cellules de la grille.

Ici, la palette n’est pas utilisée pour remplir des formes, mais pour en créer.

Grilles emboîtées

Ce travail est inspiré de l’œuvre « Pi et plis » de François Morellet.

Le programme commence par définir une grille principale, il choisit entre une grille régulière (où chaque cellule a les mêmes dimensions) et une grille modulaire (élément iconique de la peinture de Piet Mondrian et du groupe De Stijl).

Le programme continue en découpant des cellules de la grille. Il détermine des lignes aléatoires qui, si elles croisent les côtés des cellules, les couperont. À chaque coupe, il remplit les formes résultantes avec une autre grille. Ces formes sont ajoutées avec différents modes de mélange (xor, multiplier, différence, écran et multiplier) et quatre couleurs différentes.

Grille dégénérative

La grille, de mon point de vue, est un archétype de l’art minimal, cette œuvre tend à apporter une perturbation dans ce design rectiligne/droit.

Le programme crée tout d’abord une grille (en choisissant aléatoirement une palette parmi les 18 disponibles). Il crée un damier de quatre rangées qui contiennent chacune quatre cellules.

Ensuite, il va copier des parties de la grille qu’il va répéter sur la composition en suivant des mouvements courbes. Cela ressemble à l’étalage de peinture, mais le motif initial n’est pas trop altéré. Dans ce processus, la copie est collée à une échelle inférieure à celle de l’original, de sorte que ce processus crée de nouveaux détails au lieu d’en effacer.

Il est également important de noter que chaque modification qu’il effectue peut être ensuite copiée et reproduite. Il s’agit d’un processus récursif, une machine qui tourne à vide, alimentée par sa propre activité.

Enchevêtrement

Ces quatre dessins sont composés de deux projections, la première a trois dimensions (projection isométrique) et est constituée de ranger de cubes. La seconde, plane, s’apparente à un damier. Les côtés des cubes sont tracés au moyen de différents types de traits : réguliers ou irréguliers et de manière droite ou courbe selon leurs positions dans la grille-damier.
Si la case est sombre − si la somme de numéros de ligne et de colonne sont pairs − alors les traits auront un espacement et une longueur identiques et un phénomène de torsion leur sera appliqué. Sinon, ils seront tracés de manière droite par des traits dont l’espacement et la longueur seront aléatoires. Il s’agit moins de superpositions que de faire coïncider deux organisations de formes. L’une des deux projections est sous-jacente, elle supporte l’autre qui la rend visible.

 

Points de fuite

Quatre cents rectangles sont disposés de part et d’autre d’une ligne d’horizon. Malgré le côté séduisant de l’enchevêtrement de ces formes, le sujet est bien l’espace et la façon dont l’humain le perçoit. Chaque dessin comporte un cadre qui est composé d’une partie haute ou la feuille est brute et une partie basse peinte en noir. Sur les cinq variations que composent la série, on peut distinguer que l’horizon est plus ou moins haut ou bas. Cela tient à la nature générative de cette composition puisque les deux points de fuites ont des positions aléatoires, donc, différentes d’un dessin à l’autre. Les rectangles sont également placés de manière aléatoire et leurs principales fonctions et de pointer les points de fuite situés hors-champs de part et d’autre du cadre (à droite et à gauche). Il y a une sorte d’interdépendance entre les points visibles − les sommets des rectangles − et les points invisibles où convergent les fuyantes, chacun n’existe que grâce à l’autre.

 

Architecture dégénérative

Le point de départ de ce projet est un ensemble d’immeubles résidentiels. Chaque façade, chaque plan, est altéré par un programme qui duplique des portions d’image sur un axe aléatoire. À chaque fois que ce phénomène se produit, un sample, cette fois-ci sonore, est joué par le programme.

Les séquences s’orchestrent donc de manière synchrone entre l’altération d’une image et le déclenchement d’un son. Ce processus se répète dans un montage parallèle entre plusieurs lieux comme si un phénomène se produisait au même moment à différents endroits.

Les séquences s’alternent entre les différents bâtiments (Hong Kong, San Francisco, Guangzhou, Shanghai, Chicago). L’altération se poursuit, ce processus est irréversible puisqu’à partir d’un certain point où le programme a utilisé toutes les sources d’images dont il dispose, il va substituer à l’image d’origine, une image qu’il a lui-même produite. C’est une machine qui tourne à vide et dans laquelle chaque photographie s’épuise de sa propre copie.

L’habitat se segmente, se contracte, jusqu’à devenir non plus une réalité mais une représentation. À mi-chemin entre une illustration de science-fiction et une peinture constructiviste, cette animation expérimentale montre la construction d’un tableau qui ne se fige jamais.

Source des photographies

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Hong KongAnnie SprattMdijqynYQg8
InconnuCarl Nenzen Lovenmbfile7XE44
ChicagoChris Quintero1vRSJP2V9Nw
San FranciscoDaniel AbadiaeQUEEHYmLCE
Hong KongJohannes MändleJttyHMcXAns
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GuangzhouScarbor SiuUYG5IUPoWIo
Hong KongTimelab ProxfDnqMh__UQ