Misery

Série d’animations 3D, dimensions et supports variables, 2010.



Ce projet d’animation cherche à confronter l’inconscient collectif qui émane des films d’horreur, de science-fiction et des espaces virtuels. Ces représentations qui tendent à un aspect photo-réaliste sont à voir non pas comme un film ayant une narration, mais comme un instant figé ou une peinture en trois dimensions. Les personnages présents sur la scène ne sont pas animés, ils n’ont pas vraiment de rôle, ainsi il faut les voir comme des prisonniers ou des mannequins de ce décor 3D. Dans cette confrontation, le nom donné à cette série de vidéos, Misery, est une indication précieuse. En filigrane apparaît le visage d’Annie Wilckles, interprétée par Kathy Bates, cette femme qui séquestre l’écrivain Paul Sheldon pour qu’il poursuive l’histoire de Misery, son héroïne, qu’il voulait faire mourir. Cette vidéo qui est amenée à se prolonger dans d´autres décors porte l’attention sur l’espace de création numérique, ses potentialités ou ses improbables finitudes et sa virtualité. Je vois ce projet comme une obsession de recréer des espaces virtuels ayant les mêmes lois trigonométriques que le nôtre, ainsi c’est un work in progress, un never-made qui se génère à partir de vecteurs. Même s’il s’agit de vidéos, l’intérêt se situe dans ma démarche, ses mondes existent uniquement quand je les modifie, leurs immédiatetés ne sont effectives que quand ils interfèrent en temps réel. Cette pièce est en marge d´autres productions qui interfèrent avec les flux réels (réseaux, audio, électriques, spectateurs).

Elle se composait en 2010 d’un diptyque, mais en 2013 un autre scène est apparu. Le principe est simple un travelling circulaire me permet de décrire l’espace autour duquel je projette mes dessins.